Accueil... Jeudi, 29 juillet
Présentation Actualité Revendications Communiqués Chansons Exposés Documentation Archives Education Contacts
*
Nous vous proposons ici une partie des exposés réalisés par les militant-es de Mix-Cité depuis 1997. Ces exposés ont été présentés et débattus en réunion plénière.
Petits avertissements quant à la portée des exposés
10 - La représentation des femmes dans les manuels scolaires
9 - La prostitution (1/3)
9 - La prostitution (2/3)
9 - La prostitution (3/3)
8 - Représentations amoureuses et violences conjugales (1/2)
8 - Représentations amoureuses et violences conjugales (2/2)
7 - Les femmes dans les manuels scolaires (1/3)
7 - Les femmes dans les manuels scolaires (2/3)
7 - Les femmes dans les manuels scolaires (3/3)
6 - De la double oppression des femmes immigrées (1/2)
6 - De la double oppression des femmes immigrées (2/2)
5 - Sciences et différences des sexes (1/2)
5 - Sciences et différences des sexes (2/2)
4 - La sexualité (1/2)
4 - La sexualité (2/2)
3 - La mixité a-t-elle été un gage de l'égalité? (1/2)
3 - La mixité a-t-elle été un gage de l'égalité? (2/2)
2 - Femmes et travail (1/5)
2 - Femmes et travail (2/5)
2 - Femmes et travail (3/5)
2 - Femmes et travail (4/5)
2 - Femmes et travail (5/5)
1- La parité
0 - Le viol (1/3)
0 - Le viol (2/3)
0 - Le viol (3/3)
Les femmes et l'art (1/3)
Les femmes et l'art (2/3)
Les femmes et l'art (3/3)
Publié le 10-09-1997 * Rechercher | * Imprimer | * Plan du site
Les femmes et l'art (2/3)
Exposé d'Isabelle

(Début: Cf. Partie 1/3)

Les femmes peintres constituaient-elles un groupe social homogène ?

Peut-on discerner chez les femmes des qualités qui les particularisaient en tant que groupe ? Voici quelques uns des signes distinctifs qui furent communs aux artistes femmes :
Les peintres femmes étaient toutes à quelques rares exceptions près, filles ou femmes d’artistes, formées par leur père ou leur mari (qu’elles rencontraient dans l’atelier du père), ce qui leur rendaient plus facile l’accès à l’étude, au matériel et à l’atelier. Elles étaient souvent d’une précocité étonnante. Cela s’explique probablement du fait que seules les femmes qui manifestaient des dons vraiment exceptionnels étaient encouragées à le cultiver.
On leur a refusé jusqu’au XIXème siècle, l’accès à la formation nécessaire que recevaient les hommes pour devenir des artistes professionnels (formation où l’on apprenait l’histoire de l’art, les mathématiques, la perspective et l’anatomie). Comme elles ne pouvaient ni étudier le nu, ni assister aux cours des académies, elles devaient donc se limiter aux portraits et aux natures mortes pour lesquels elles pouvaient facilement disposer de modèles. Elles étaient donc dans l’incapacité de pratiquer la peinture d’histoire considérée pendant longtemps comme le genre noble. Et l’on sous-entendait donc que les genres secondaires étaient l’apanage des femmes, ce qui bien sûr était faux.
Il faut admettre qu’à de rares exceptions près (Berthe Morisot, Mary Cassatt, Judith Leyster), les femmes peintres furent rarement parmi les artistes les plus audacieux et les plus inventifs de leur temps car elles n’avaient pas la formation pour cela. Cela permet aussi de comprendre pourquoi la littérature offrait aux femmes l’opportunité de rivaliser avec les hommes sur des bases beaucoup plus égalitaires et de s’imposer en novatrices. Si la création artistique exigeait l’apprentissage de technique et de savoir-faire spécifiques, cette formation n’était d’aucune façon réclamée au poète ou au romancier.
Le plus souvent, le mariage sonnait la fin de la carrière de la femme (exemple : Louise Moillon, Judith Leyster ou encore Catharina Van Hemessen). Les deux n’étaient pas compatibles. Certaines choisissaient le célibat pour pouvoir assumer leur art. Pour une femme, décider de s’engager dans une carrière, et a fortiori dans une carrière artistique, a toujours requis une certaine dose de non-conformisme et de rébellion.


REGARDS MASCULIN ET FEMININ : LE PROBLEME DE LA VALEUR DE L’ART

La vision des femmes dans la peinture des hommes

Le regard masculin a dominé depuis toujours. L’histoire de l’art féministe a entrepris de mettre en question cette vision dominatrice des hommes sur les femmes. En effet, les représentations artistiques des femmes servent à reproduire des principes tenus pour indiscutables par la société et par les artistes quant au rôle des femmes et à la supériorité du sexe masculin. Les relations de pouvoir dans la société sont représentées de manière à les faire passer pour un état naturel et éternel (immuable) des choses. L’analyse des images est intéressante, car la mise en œuvre de l’idéologie peut être très subtile dans certains cas.
Certains tableaux mettant en scène des femmes étaient parfois des modèles proposés aux femmes pour qu’elles s’y conformassent. Tel est le cas du Printemps de Botticelli, qui semble bien avoir été un tableau moral destiné à une jeune épouse. C’est également le cas des femmes romaines proposées en exemple de vertu modeste par David aux citoyennes révolutionnaires dans le Serment des Horaces. Dans ce tableau, David se pose donc en moralisateur et présente, afin de mieux servir son discours, la vision des femmes qu’avaient ses contemporains : c’est-à-dire des femmes faibles et écartées de l’action. Les hommes sont forts et déterminés, les femmes alanguies et passives. La force et la faiblesse sont perçues comme corollaires naturels de la différence des sexes.
La Mort de Sardanapale de Delacroix présente, de manière détournée, une vision similaire des femmes. Derrière l’histoire du roi assyrien Sardanapale qui, apprenant sa défaite imminente donne l’ordre de détruire toutes ses possessions, femmes comprises et de mettre le feu à son palais, se cache une opinion fort banale et partagée par les hommes de la classe de Delacroix qui s’estimaient « en droit » de désirer, de posséder, de contrôler les corps des femmes. Les mœurs des orientaux abondamment représentés dans les tableaux du XIXe siècle étaient un prétexte pour montrer des femmes nues ou des femmes traitées en esclaves, légitimé par le fait qu’il s’agissait d’une société différente de la nôtre. Le principe est le même pour les œuvres représentant des bordels et des femmes de « petite vertus » dans les tableaux de Manet, Degas ou encore Toulouse-Lautrec, où l’image de la femme objet est saisissante. Les bourgeois, sous prétexte de regarder de la peinture, se rinçaient l’œil abondamment.
La domination du sexe masculin sur le sexe féminin est représentée de manière éloquente dans les tableaux figurant les rapports entre l’artiste et son modèle : le corps nu de la femme est laissé à la libre disposition de l’artiste qui s’en sert comme d’un objet.
Mais si on considère que cette vision est une vision masculine, quelle est la vision féminine ? La peinture des femmes est-elle différente de celle des hommes ?

Contacter Mix-Cité ... Tous droits réservés 1997-2010
*