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Condition Féminine

Le féminisme et les revendications des droits des femmes par Florianne Cellier

Le féminisme et les revendications des droits des femmes ont commencés depuis les années 1870 et continuent encore aujourd’hui. Ces groupes féministes revendiquent les inégalités hommes/femmes, la parité politique, les discriminations… Cependant, ces associations sont en majorité pour une lutte uniquement féminine même si certaines tendent à inclure les hommes dans leur combat cela reste encore assez abstrait. Nous pouvons alors nous demander, la solidarité féministe : est-ce la solution ?

Dans un premier temps, nous verrons que la femme copie les acquis de l’homme pour sortir de l’image qu’on lui a imposé par le passé.  Cependant, cette exclusion provient aussi de l’oppression qu’a exercé le sexe masculin sur le sexe féminin à l’époque. Le message à faire passer serait de s’associer aux hommes pour avoir une parole et un impact plus fort, et ainsi imposer sa compétence.

Ensuite, nous verrons que malgré cette volonté d’une solidarité uniquement féminine, les femmes n’en restent pas moins des rivales dans certaines conditions sociales. Enfin, même si les revendications perdurent, ils existent encore des discriminations à l’égard des femmes.

Dans les mouvements féministes, souvent, leur volonté est de faire comme l’homme pour sortir de l’image de la femme de l’époque qu’on lui a donné. C’est-à-dire la femme qui s’occupe des enfants, de la maison et de son mari que rentre du travail les soirs. Une femme enfermée dans sa routine tandis que l’homme est mis sur un piédestal, exemple typique du 20ème siècle, depuis elle se bat pour s’en défaire.

On va parler ici de « féminisme libéral » que l’on peut comparer au « féminisme bourgeois ». Il s’agit d’un féminisme qui désire appliquer le libéralisme politique (égalité des droits…). Cependant ce type de revendication à vouloir copier l’homme n’est peut-être pas la solution, c’est ce que pense en tout cas Marguerite Yourcenar qui est contre le féminisme libéral et le modèle du petit bourgeois. Le féminisme aujourd’hui se limite à dire qu’une femme doit faire carrière au même titre qu’un homme ce qui ressemble plus à une imitation. Yourcenar pense que beaucoup de femmes se font de la vie masculine un idéal, et que l’idéal du succès humain serait en fait une défaite épouvantable. Copier simplement ce qu’ont acquis les hommes n’aurai rien d’instructif, et il serait « dangereux de faire de la femme ce qu’est l’homme moderne ». En voulant prendre exemple sur le sexe opposé, les femmes pensent qu’elles élimineront cette étiquette qu’elles portent depuis si longtemps, mais Yourcenar affirme que « femme en un sens est une étiquette », une femme a le droit se donner l’image qu’elle veut. De plus, elles pensent que cette imitation permettra aux femmes d’atteindre le même titre qu’un homme et enlèvera toutes les différences qui existent entre les deux sexes. Il n’en est rien puisque selon Yourcenar, enlever ces différences serai déplorable et nous conduirai vers une morne uniformité. Le but n’est pas de ressembler à « monsieur-tout-le-monde » mais de s’émanciper des contraintes pour construire la propre image des femmes qui n’est pas calquer sur les hommes.

Seulement, vouloir à tout prix copier le modèle des hommes n’a-t-il pas des effets néfastes sur le but premier de leur combat ?

Malheureusement, cette volonté de vouloir faire comme les hommes ainsi que l’oppression de la femme par ces derniers, engendre une exclusion du sexe masculin dans les revendications de la femme. Elles utilisent l’image des hommes pour construire la leur, et tendent par le biais de groupes féministes à se révolter contre eux. Yourcenar dénonce cela dans la vidéo Féminisme et criminalisation des hommes, elle trouve que cette tendance à se dresser contre l’homme en tant que femme n’est pas naturelle et ni nécessaire.

Le féminisme d’aujourd’hui est agressif, et ce n’est pas par l’agression que l’on parvient à quelque chose. Prenons comme exemple les Femen, mouvement féministe qui existe depuis 2008 et ne cesse de faire parler de lui de par la provocation de leurs actions (apparition seins nus dans Notre-Dame de Paris, multiples arrestations…).

Elles défendent les droits des femmes, s’impliquent contre la prostitution, la corruption, etc… Bien que ces actions partent d’une bonne intention, les Femen sont sujettes à de nombreuses critiques car trop virulentes, et leur message peut être mal vu à cause de leurs agissements.

De plus, le fait de ne pas vouloir inclure les hommes dans leurs revendications vient probablement de l’oppression dont on fait preuve certains hommes à l’égard des femmes par le passé. Interdiction d’avorter, de divorcer, l’idéal féminin correspond à la mère au foyer, pas le droit d’avoir un compte bancaire sans l’autorisation du mari…

L’homme a considérablement limité la femme dans ses droits et ses choix, ce qui peut justifier qu’il existe beaucoup plus de mouvements uniquement féministes que mixtes. Suite à cela, est né une nouvelle forme de féminisme, « le féminisme radical ». Il considère qu’il existe une oppression spécifique des femmes au bénéfice des hommes, et essaye d’y mettre un terme.

Ce féminisme critique la domination masculine et les rôles féminins réduits, et suit le mouvement de Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe. Dans son œuvre, S. de Beauvoir critique la construction de la femme comme un autre homme ainsi que l’oppression de la femme par l’homme. Au lieu de pouvoir se transcender par le travail et la créativité dans les mêmes domaines que les hommes, les femmes sont réduites à des existences monotones. En effet, malgré le changement dans les mentalités, l’intégration des femmes dans des domaines que l’on considéraient comme « masculin » à l’époque reste compliqué encore aujourd’hui, et vice versa. La présence des femmes en politique reste relativement marginale, induit par l’interdiction pour elles d’exercer dans ce genre de domaine avant. S. de Beauvoir affirme que « les différences biologiques contribuent à la différence homme/femme, mais ne justifient pas cette hiérarchie ».

Malgré ces changements dans les mœurs, les femmes continuent de se battre à l’écart des hommes et aussi un peu contre les hommes.

Pour faire bouger les choses, hommes et femmes doivent collaborer ensemble, c’est le message que Marguerite Yourcenar veut faire passer et la thèse qu’elle défend. Dans une série d’interview qu’elle a donné, elle dit qu’en réalité rien ne se fera que part une compréhension et une collaboration plus grande des hommes et des femmes. Ce ne sont que les oppressions passées et les jugements portés qui font que l’un refuse d’avancer avec l’autre, certaines attitudes de bienséance ont empêchés de voir que les deux sexes pouvaient fraterniser. On nous assure que les hommes ne comprennent pas les femmes et vice versa, mais il s’agit d’un jugement purement psychologique car ils n’en restent pas moins des humains. En tant qu’humain, les deux sexes pourraient collaborer sans limiter ou avoir besoin d’imiter l’autre et « à partir du moment que les êtres se laissent une certaine liberté et se réjouissent de voir l’enrichissement que tous les deux gagnent, dans ces cas-là, le sentiment d’emprisonnement diminue. » affirme Yourcenar.

Pour que la femme ne se sente plus obliger de prendre exemple sur l’homme, ce dernier doit lui laisser sa chance de pouvoir exprimer son savoir dans autant de domaine qu’elle le souhaite. L’important pour la femme est de participer à toutes les causes qu’elles jugera utiles, et d’imposer cette participation par sa compétence sans attendre que l’homme lui donne la permission.

De plus, de nos jours, cette volonté de s’allier avec les hommes s’accroît même si elle reste encore faible. Dans l’article Où en est le féminisme aujourd’hui, on parle des associations qui souhaitent associer les hommes à leur combat, il s’agit ici de « néo féminisme ». Dans cet article justement on parle du mouvement Mix-cité, un mouvement mixte pour l’égalité des sexes. On voit ainsi l’émergence de groupe contre le sexisme.

C’est ce genre de pensée qui va en réalité faire avancer les choses et non pas de s’enfermer dans une révolution uniquement féminine. De plus, ces mouvements restent relativement pacifistes et ne sont pas dans l’agression. Malheureusement ils sont encore trop peu développés mais méritent vraiment d’être plus connu et adopté. Certains hommes ont probablement envie d’aider les femmes à sortir des discriminations seulement celles-ci les rejettent. Le but ici est de s’allier avec les hommes contre les discriminations, ainsi le sexe masculin est plus conscient des combats des femmes et est plus à même de faire bouger les choses.

Cependant, même si le culte de la solidarité féminine est critiqué, les femmes peuvent très bien faire preuve de rivalité de manière assez virulente.

Le magazine Marie Claire a notamment publié un article sur ce genre de comportement et nous propose des témoignages qui appuie ce propos. Les femmes sont beaucoup dans la rivalité et la compétition, elle est omniprésente quel que soit le domaine. Ici, on y décrit le monde du travail comme quelque chose « d’impitoyable », car gouverné par la dominante féminine. C’est un florilège de complots, de bassesses hypocrites, de coups par dessous qui ressort des témoignages. La rivalité est fondée non pas sur la force mais sur la peur, on arrive à beaucoup plus de chose quand on est craint, et ça certaines femmes l’ont bien compris. Que ce soit sur le domaine amoureux ou professionnel le sexe féminin peut se montrer intransigeant voire même cruel.

De plus si on se penche de manière plus pointilleuse sur le sujet, les enfants grandissent avec cette notion de rivalité féminine. Par exemple dans Blanche-Neige, un conte de fée bien connu où la belle-mère souhaite tuer la jeune femme car elle serait plus belle que cette dernière. Alors la femme ne peut que se construire sur une telle image, comme dit S. de Beauvoir « les femmes sont nées femmes mais sont construites pas l’endoctrinement social ». A cause de cela, la femme est prisonnière des circonstances sociale et l’empêche de s’ouvrir aux autres. Il faudrait faire la part des chose entre stéréotype et réalité pour trouver une forme de paix dans les relations sociales. Les femmes ne seront vraiment libres que lorsqu’elles ne se percevront plus comme des ennemies potentielles.

Pour finir, malgré tous les efforts des femmes pour s’entraider et combattre les inégalités, il y aura toujours des discriminations entre les sexes. La plus connu étant celle dans le domaine professionnel, lors des affectations des titres et fonctions. Une femme avec des enfants allant à l’école a 8% de chance en moins de se faire embaucher par rapport à un homme, malgré le fait qu’elle ai suivi des études semblable et soit autant qualifiée. Si on regarde le salaire, une femme gagne environ 19% de moins qu’un homme pour un poste à temps égal, selon une étude du gouvernement. Ce genre d’inégalité peuvent en partie justifier l’exclusion des hommes dans les revendications salariales car ces discriminations sont aberrantes. Cependant beaucoup d’hommes n’en pensent pas moins, et même si l’idée d’égalité des sexes est largement partagée mais tarde à se mettre en place explique Françoise Gaspard dans son article Où en est le féminisme aujourd’hui ?.

Malgré la féminisation des titres et des postes, certains restent quand même majoritairement masculin, et l’exemple le plus flagrant est celui du monde politique. Yourcenar affirme que « bien que mise à l’écart, les femmes jouent un rôle formidable en politique […] elle pourraient apporter ce sens profond des réalités qui manquent tant à notre civilisation ».

Même si les femmes continuent de se battre contre les inégalités, l’élimination des discriminations à l’égard de celle-ci ne se fera jamais complètement. Beaucoup d’étapes ont été franchies depuis ces dernières années mais il reste encore des choses à changer. Le féminisme incarne ce combat contemporain contre les discriminations et resteront longtemps dans l’actualité.

Pour conclure sur cette synthèse, la solidarité féministe n’est pas solution qui fera évoluer les chose, et ce n’est pas non plus en copiant les acquis des hommes que cela ne changera.

nous avons vus que les femmes voulant prouver leur égalité face au hommes, copient leurs acquis. Pour arriver à un compromis, il faut que les mentalités changent et que les femmes acceptent les hommes dans leur combat.

Seulement, même si les femmes semblent très soudées, elles n’en restent pas moins des ennemies redoutables dans de nombreux domaines. Malgré tous leurs efforts pour changer leur situation, il y aura toujours des différences et des discriminations entre les deux sexes.

Nous pouvons mettre un point d’honneur à cette synthèse en citant la plus célèbre phrase de Simone de Beauvoir qui invoque le débat : « On ne naît pas femme on le devient. »

 

Florianne Cellier

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