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Psycho

Le trouble dissociatif d’identité

Le trouble dissociatif de l’identité, parfois encore appelé à tort double personnalité ou personnalité multiple, est un trouble psychique rare qui peut être très déroutant pour l’entourage. Si tu es dans cette situation, tu te demandes sûrement ce qui est réel, ce qui relève d’un mythe, et surtout comment reconnaître ce trouble sans le confondre avec autre chose.

Concrètement, ce trouble n’a rien de romanesque. Il peut s’accompagner de trous de mémoire, d’une impression d’irréalité, de changements d’état intérieur marqués, et parfois de comportements qui semblent incohérents de l’extérieur. Mais derrière ces signes, il y a presque toujours une histoire traumatique importante et une souffrance réelle.

L’essentiel a retenir : le trouble dissociatif de l’identité est un trouble rare, souvent lié à des traumatismes précoces, qui se manifeste par des identités distinctes, des trous de mémoire et parfois une dépersonnalisation ou une déréalisation.

  • Ce n’est pas une schizophrénie ni un trouble psychotique.
  • Les symptômes clés sont les amnésies, la dissociation et parfois des changements d’état de conscience.
  • Les causes sont le plus souvent des traumatismes répétés dans l’enfance.
  • Le diagnostic doit être posé par un professionnel formé.
  • La prise en charge repose surtout sur la psychothérapie, notamment l’EMDR.
  • Les médicaments peuvent aider les symptômes associés, mais ne traitent pas le trouble en lui-même.

Les symptômes : comment identifier ce trouble ?

Le signe le plus évocateur, dans la pratique, est la présence de trous de mémoire qui ne s’expliquent pas par une simple distraction, une fatigue ou un problème neurologique comme une démence. Ces oublis peuvent concerner des événements récents, mais aussi des éléments plus anciens de la vie personnelle.

Tu peux aussi retrouver des situations très concrètes qui alertent : un objet acheté sans souvenir de l’avoir fait, un message envoyé sans souvenir, un trajet effectué presque en “pilotage automatique”, ou encore une impression d’avoir perdu du temps. Ce sont des indices qui peuvent faire penser à une dissociation, surtout si cela se répète.

Dissociation, dépersonnalisation, déréalisation : quelle différence ?

La dissociation correspond à une rupture partielle entre la pensée, les émotions, les souvenirs et le comportement. En clair, la personne n’est pas pleinement connectée à ce qu’elle ressent ou à ce qu’elle fait. On peut tous vivre une forme légère de dissociation, par exemple quand on conduit sans prêter attention à chaque geste parce que le trajet est familier.

La dépersonnalisation donne l’impression de ne plus être vraiment dans son corps, voire d’être observateur de soi-même. La déréalisation, elle, correspond à une sensation que le monde est étrange, lointain, brumeux ou irréel. Dans le trouble dissociatif de l’identité, ces sensations peuvent être intenses et fréquentes.

Selon le DSM-IV de la société américaine de psychiatrie (Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux qui fait référence pour les psychiatres), les critères qui caractérisent le trouble dissociatif de l’identité (F44.81) sont :

  • Présence de deux ou plusieurs identités ou « états de personnalité » distincts (chacun ayant ses modalités constantes et particulières, de pensée et de relation concernant l’environnement et soi-même)
  • Au moins deux de ces identités ou « états de personnalités » prennent tour à tour contrôle du comportement du sujet.
  • L’incapacité à évoquer des souvenirs personnels importants trop marquée pour s’expliquer par une simple « mauvaise mémoire ».
  • La perturbation n’est pas due aux effets physiologiques directs d’une substance (par ex. les trous de mémoire ou le comportement chaotique au cours d’une intoxication alcoolique) ou une affection médicale générale (par ex. les crises partielles complexes). Chez l’enfant, les symptômes ne peuvent pas être attribuables à des jeux d’imagination ou à l’évocation de camarades imaginaires.

Dans les faits, ce diagnostic est complexe. Les professionnels observent généralement qu’il existe souvent d’autres troubles associés, ce qui peut brouiller le tableau clinique et retarder la reconnaissance du problème.

  • troubles anxieux ;
  • dépression ;
  • troubles du sommeil ;
  • abus de substances psychoactives, dont l’alcool, le tabac ou le cannabis.

Les causes : d’où vient ce trouble ?

Dans la plupart des cas, ce trouble s’inscrit dans une histoire de traumatismes précoces et répétés. Il peut s’agir de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, surtout lorsque l’enfant n’a pas la possibilité de fuir, de comprendre ou d’être protégé. Le cerveau met alors en place une stratégie de survie : la dissociation.

Concrètement, cette dissociation permet à la personne de supporter l’insupportable. C’est un mécanisme de protection psychique, pas un “caprice” ni une mise en scène. Sur le terrain, on retrouve aussi des situations proches chez certains militaires ou personnes exposées à des scènes extrêmes, avec une rupture temporaire du lien à soi pour survivre psychologiquement.

Le trouble dissociatif de l’identité dans sa forme clinique complète s’installe le plus souvent quand l’enfant a moins de 9 ans pendant les faits. Ce point est important, car plus le traumatisme survient tôt, plus il peut perturber la construction de l’identité, de la mémoire autobiographique et de la régulation émotionnelle.

Pourquoi la mémoire devient-elle fragmentée ?

Quand un événement est trop violent, trop répété ou trop précoce, il peut être mal intégré par le cerveau. Au lieu d’être stocké comme un souvenir cohérent, il reste morcelé, difficile d’accès, parfois déclenché par des odeurs, des sons, des lieux ou des situations qui rappellent le traumatisme. C’est ce qui explique que certaines personnes aient l’impression de “ne pas se souvenir” de pans entiers de leur histoire.

Ce que cela change pour toi, si tu es concerné ou si tu accompagnes quelqu’un, c’est qu’il ne faut pas forcer le souvenir à tout prix. Une prise en charge trop brutale peut aggraver la détresse. Il est préférable d’avancer avec un professionnel formé au trauma et à la dissociation.

La prise en charge : qu’est ce qu’on peut faire ?

Il est impossible d’effacer le passé, mais il est tout à fait possible de réduire la souffrance, de stabiliser les symptômes et d’améliorer la qualité de vie. En pratique, la prise en charge repose surtout sur une psychothérapie adaptée, progressive et sécurisante.

La thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), lorsqu’elle est réalisée par un professionnel formé, est souvent utilisée dans cette indication. Elle vise à aider le cerveau à retraiter des souvenirs traumatiques qui restent “bloqués” et à diminuer leur charge émotionnelle. Dans la majorité des cas, elle s’intègre dans un accompagnement plus large, avec une phase de stabilisation avant de travailler les souvenirs les plus sensibles.

Ce que fait réellement l’EMDR

Dans la pratique, l’EMDR ne “supprime” pas le souvenir. Elle aide plutôt à ce que le souvenir perde son intensité envahissante. Cela peut changer beaucoup de choses : moins de cauchemars, moins de flashbacks, moins d’évitement, et une meilleure capacité à rester présent dans le quotidien.

Il est recommandé de consulter un praticien réellement formé au trauma complexe, car tous les accompagnements EMDR ne se valent pas. Si tu rencontres un trouble dissociatif important, le rythme doit être adapté. Aller trop vite est une erreur fréquente.

Et les médicaments ?

La pharmacothérapie a une place secondaire. Elle ne traite pas le trouble dissociatif de l’identité à elle seule, mais elle peut aider sur les symptômes associés, par exemple la dépression, l’anxiété ou les troubles du sommeil. Dans les faits, les médicaments servent surtout à rendre la thérapie plus supportable et plus efficace.

Ce qu’il faut éviter, en revanche, c’est de croire qu’un traitement médicamenteux “résout tout”. Sans travail psychothérapeutique sur le trauma et la dissociation, l’amélioration reste souvent partielle.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • confondre ce trouble avec la schizophrénie ou un simple “changement d’humeur” ;
  • banaliser les trous de mémoire répétés ;
  • forcer la personne à raconter son trauma trop tôt ;
  • chercher à tout prix une explication spectaculaire ou cinématographique ;
  • penser qu’un médicament suffit à lui seul.

Si tu hésites encore, retiens surtout ceci : le bon réflexe est de demander un avis spécialisé. Un diagnostic fiable permet d’éviter les erreurs de prise en charge et d’orienter vers un accompagnement réellement utile.

Pour aller plus loin :

Si tu veux mieux comprendre l’EMDR, il est utile de consulter un site de professionnels qui décrit clairement la méthode, ses indications et ses limites. Tu peux ainsi vérifier si l’approche proposée correspond bien à ton besoin et à ton niveau de sensibilité au trauma.

FAQ

Le trouble dissociatif d’identité est-il la même chose que la schizophrénie ?

Non, ce n’est pas la même chose. Le trouble dissociatif d’identité et la schizophrénie sont deux troubles différents, avec des causes, des symptômes et des prises en charge distincts. La confusion est fréquente, mais elle peut conduire à des erreurs de diagnostic et de traitement.

Quels sont les premiers signes du trouble dissociatif d’identité ?

Les premiers signes sont souvent des trous de mémoire inhabituels, des impressions de “temps perdu” et des épisodes de dépersonnalisation ou de déréalisation. Tu peux aussi remarquer des objets ou des actions dont la personne ne se souvient pas.

Le trouble dissociatif d’identité peut-il apparaître chez l’enfant ?

Oui, il peut apparaître chez l’enfant. Dans la majorité des cas, il se construit sur des traumatismes précoces, souvent avant l’âge de 9 ans, quand le développement psychique est encore très vulnérable.

Peut-on guérir du trouble dissociatif d’identité ?

On peut améliorer nettement les symptômes et la qualité de vie. La guérison au sens strict dépend de nombreux facteurs, mais une prise en charge adaptée permet souvent de réduire les amnésies, la dissociation et la souffrance associée.

L’EMDR est-elle efficace pour ce trouble ?

L’EMDR peut être utile, surtout lorsqu’elle est pratiquée par un professionnel formé au trauma complexe. Elle aide à retraiter les souvenirs traumatiques, mais elle doit souvent être intégrée dans un suivi plus large et progressif.

Les médicaments suffisent-ils pour traiter ce trouble ?

Non, les médicaments ne suffisent pas à eux seuls. Ils peuvent aider sur l’anxiété, la dépression ou le sommeil, mais la base du traitement reste la psychothérapie spécialisée.



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